La démocratie en paroles et en actes à l’école ? Infographie

Dans le cadre de mon Master MEEF, je me suis amusée à réaliser l’infographie suivante pour illustrer le sujet « La démocratie en paroles et en actes ? » Une réflexion sur un enjeu de l’Éducation Nouvelle et de la pédagogie.

La démocratie en paroles et en actes à l'école ? Infographie
La démocratie en paroles et en actes à l’école ? Infographie

Compléments d’information pour cette infographie

APERITIFS

« La démocratie en paroles et en actes ? » : nous sommes face à une question qui de surcroît est au pluriel. La question est au fond de comprendre la place de l’autorité (l’autorité pédagogique en l’espèce) et de savoir si le milieu scolaire aide à la construction d’un élève-citoyen. Si oui, comment et nous pouvons nous demander s’il n’y a pas des limites voire des contradictions à prétendre former un futur citoyen en lui imposant un cadre. Cela nous amène donc à interroger le duo démocratie/autorité à l’école. Nous réfléchirons alors à l’éventuel rôle de l’enseignant à cet égard surtout à l’heure où l’autorité familiale est déjà elle-même en souffrance.

ENTREES & SALADES

Cette partie formule des exemples.

  • Coté élève en classe : rester assis, ne pas bavarder, « ne pas, ne pas, ne pas » (liste des interdictions vs liste des droits), sanctions, l’expression et la parole ne sont possibles que si elles ont été autorisées, accordées grâce à une gestuelle particulière (lever le doigt) qui ne favorise pas la spontanéité.
  • Côté élève dans l’établissement : le Conseil de la vie lycéenne par exemple. Son but est de recréer du dialogue, du débat et de la concertation entre les différentes parties du lycée afin d’améliorer le quotidien de l’élève dans l’établissement.
  • Côté enseignant : il s’agit de favoriser le débat en classe. Voir les Cahiers pédagogiques : « Le débat en classe : modes d’emploi », Hors-série numérique n° 56 – Janvier 2021 : « Un dossier qui rappelle qu’on a besoin de l’autre pour apprendre, pour comprendre, pour inventer. » L’enseignant possède une autre flèche à son arc grâce aux séquences qui développent l’esprit critique : littérature, dessins de presse, œuvres d’art picturales, cinématographiques… L’objectif est d’aider l’élève à interroger le monde dans lequel il se trouve et l’inciter à trouver ses propres réponses afin qu’il devienne à son tour médiateur auprès de ses pairs ou de ses proches, sa famille, etc. Cela pourrait par exemple le cas lors de l’aide à l’interprétation d’un film.
  • Côté parents et communauté éducative : le conseil de classe où direction, enseignants, parents et délégués des élèves sont présents.
  • Foison d’élections sur lit de démocratie : la démocratie s’incarne aussi dans le monde scolaire par le biais de toutes les élections : les délégués de classe, les représentants des parents d’élèves, de la vie lycéenne, etc. Il existe d’ailleurs une Semaine de la démocratie scolaire (5-20 octobre 2020). Ses buts affichés sont les suivants :
    • « Une semaine pour encourager l’engagement au sein de l’École »
    • « Permettre une plus grande implication des parents »
    • « Donner un nouveau souffle à la participation des lycéens à la vie de leur établissement »

C’est donc ainsi que nous passons, à l’école, des paroles aux actes.

BURGERS & SANDWICHES

Dans nos programmes de LV

LV : dans le Bulletin officiel spécial n° 2 du 19 février 2009 :

  • « Apprentissage des langues vivantes : citoyenneté et mobilité »
  • « Apprentissage des langues vivantes : une formation interculturelle »
  • « Apprentissage des langues vivantes et enseignement de l’histoire des arts »
  • « Apprentissage des langues vivantes, Cadre européen commun de référence pour les langues et niveaux de compétence »

Nos items mènent vers le vivre-ensemble qui favorise la démocratie (demos signifiait dans un premier temps « territoire » avant que ce ne soit « peuple »). Dans ce type de régime politique, ce sont les citoyens qui participent aux décisions par le vote. La démocratie est donc un choix d’organisation qui comprend des jeux de pouvoirs avec lesquels il faut composer (droits vs devoirs). Or, à l’école les élèves n’ont pas le choix et retrouvent subordonnées.

Dans nos programmes de français

Via les 3 objets d’étude actuels :

  • « Identité et diversité » : identité (soi) et tolérance (l’autre). Il s’agit donc d’apprendre l’altérité pour un futur vivre-ensemble
  • « Au XXe siècle, l’homme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts » : cela interroge à la fois le passé, le présent et le futur et favorise en ce sens une culture commune, in fine citoyenneté aussi
  • « La parole en spectacle » : questionne la mise en parole et donc le vecteur des mots pour communiquer mais aussi émouvoir. Le vivre en société induit des émotions partagées.

Le Socle commun

Dans programme de tous les enseignants via le « Socle commun de connaissances, de compétences et de culture » (Bulletin officiel de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sport du 17 au 23 avril 2015) :

  • Article 1 : « 3° la formation de la personne et du citoyen : ce domaine vise un apprentissage de la vie en société, de l’action collective et de la citoyenneté, par une formation morale et civique respectueuse des choix personnels et des responsabilités individuelles »
  • « 1° les langages pour penser et communiquer : ce domaine vise l’apprentissage de la langue française, des langues étrangères et, le cas échéant, régionales, des langages scientifiques, des langages informatiques et des médias ainsi que des langages des arts et du corps ; »
  • 2° les méthodes et outils pour apprendre : ce domaine vise un enseignement explicite des moyens d’accès à l’information et à la documentation, des outils numériques, de la conduite de projets individuels et collectifs ainsi que de l’organisation des apprentissages ;

En cours d’EMC, de sport, même de SVT

Côtoyer la différence ! Tout au long du cursus scolaire, d’une manière ou d’une autre, l’élève apprend la démocratie, à respecter la différence, à vivre avec l’altérité et appréhende ainsi le vivre-ensemble.

VEGETARIENS

A l’échelle du groupe classe aussi l’élève apprend la démocratie, par le comportement en classe :

  • écoute
  • prise de parole
  • débat
  • respect des avis contraires
  • convaincre
  • respect intégrité physique
  • codes comportementaux

L’espace classe est lui aussi une démocratie, à petite échelle. Il est un microcosme de la démocratie à l’échelle du pays. Une « apprentie démocratie » !

Ce qui se joue pour l’élève c’est apprendre à évoluer, trouver sa place à l’école pour aider à la trouver dans l’école de la vie, la société, le monde adulte

COOKIES

Cette partie aborde les éléments de contradiction.

  • La démocratie est mise à mal à l’école car l’élève n’a pas beaucoup son mot à dire, il ne « vote » pas en tant que tel concernant les axes à donner à son apprentissage.
  • La passivité : l’élève a en effet peu le droit de se déplacer, de se mouvoir. Il doit au contraire rester statique et écouter.
  • Normativité vs valeurs d’ouverture. Dans un tel cadre fort : comment peut-on réellement développer et rechercher un esprit critique ?
  • Malgré tout, l’élève peut evenir ACTEUR. Grâce à l’enseignant, s’il conçoit ses séances et séquences en ce sens, en ouvrant les possibles, en aidant à la découverte et à l’action, en redonnant une place à l’oral (l’expression) et à l’initiative. L’enseignant peut rendre ses élèves actifs en les aidant par exemple à comprendre les enjeux du monde à partir des œuvres littéraires, cinématographiques de tous genres qu’is regardent. Ce peut en effet être un point de départ qui n’est pas descendant mais ascendant puisqu’il s’agit de partir des productions que les élèves regardent ou connaissent. Dans ce cadre, l’enseignant donne à analyser, déconstruire et à faire des ponts avec le réel : la fiction est au service du réel.

MILSHAKES

BOISSONS

Les autres approches possibles.

  • Nous avons évoqué des points de possibles pour l’éducation « traditionnelle » mais plusieurs autres pédagogies prônent et encouragent davantage la démocratie en favorisant l’action : les pédagogies dites « alternatives » dans lesquelles il s’agit de redonner à l’élève plus de place, d’initiative, d’autonomie en tant que futur citoyen et actuel citoyen en formation.
  • Également, en lycée professionnel, nous avons la chance de fonctionner en projets, par une pédagogie de projets et d’avoir des « chefs d’œuvre » à réaliser c’est-à-dire un travail en commun entre les élèves mais aussi entre les enseignants, en interdisciplinarité. Grâce à cet aspect pédagogique, la démocratie en paroles et en actes est donc peut-être actuellement davantage insufflée en lycée professionnel qu’en lycée général.
  • Enfin, nous vivons une « crise » non seulement de l’autorité parentale mais aussi dans une certaine mesure de la démocratie à l’échelle nationale (par la montée des extrêmes). Ceci est-t-il en partie le reflet cela ? Nous laissons la question en suspens.

DIGESTIFS

Cette partie contient les références.