Espagne : les année Aznar – Fiche de lecture, prise de notes

Introduction

Voici une fiche de lecture résumant le livre Espagne : les années Aznar sous la direction de Franck Moderne, Pierre Bon aux éditions La documentation Française (2004).

Grâce au résumé suivant (disponible aussi en ebook), vous aurez le récapitulatif des 173 pages de cet ouvrage. Idéal pour les révisions ou garder trace des idées essentielles à retenir ! Bien sûr, afin de mieux comprendre cette fiche de lecture, il est important d’avoir lu le livre au préalable.

Espagne : les années Aznar © La documentation Française
Espagne : les années Aznar © La documentation Française

La méthode appliquée ici reprend le plan du livre et vous propose un résumé de chaque partie présentée, au nombre de 6.

  • La vie politique
  • L’évolution institutionnelle
  • La politique étrangère
  • Les mutations économiques
  • Les changements de la société
  • Postface : élections du 14 mars 2004

Plus de temps à perdre, entrons dans le vif du sujet !

Problématique générale

Quelles sont les spécificités des années Aznar ? Qu’a-t-il, lui particulièrement, apporté à l’Espagne ? Quelles sont les évolutions de l’Espagne et des Espagnols pendant ces années ? En quoi cette période est charnière pour le pays ?

Les auteurs

Franck Moderne et Pierre Bon sont des professeurs français en droit public. La précision sur la couverture qu’il s’agit d’un ouvrage sous leur direction nous informe qu’ils ne sont pas les seuls auteurs. En effet, d’autres spécialistes de l’Espagne ont participé : des professeurs espagnols et experts.

Plan du livre Espagne : les années Aznar

I. La vie politique
1) nationale
2) régionale
II. L’évolution institutionnelle
1) L’évolution des institutions centrales : une « présidentialisation renforcée »
2) L’évolution des institutions autonomiques : entre continuité et menaces de rupture
III. La politique étrangère
1) L’héritage d’Aznar
2) 1996 : prolongement nuancé ou tournant ?
3) La construction européenne
4) La relation transatlantique
5) Irak : Aznar, l’allié fidèle
6) Les Nations unies et l’ordre international
7) L’espace méditerranéen
8) Le Maroc
9) Ceuta et Melilla
10) Le Sahara occidental
11) Gibraltar
12) L’Amérique latine
13) Cuba
IV. Les mutations économiques
1) A propos de la croissance différentielle
2) Une considération préalable : l’environnement économique international
3) Le développement de l’économie espagnole entre 96 et 2003 : aspects macroéconomiques supplémentaires
4) La situation de l’emploi
5) La qualité de vie des ménages
6) Le rôle du secteur public
7) Les causes de la croissance
8) Considérations finales
V. Les changements de la société
1) Le tournant des siècles (96-2004)
2) Repères économiques
3) Données démos
4) Densité sociale
5) Changement social et nouvelles valeurs
VI. Postface : élections du 14 mars 2004

Partie 1 – La vie politique

Vie politique nationale

On débute par la vie politique nationale mais il faut se savoir que s’agissant de l’Espagne la vie politique régionale existe. Elle est d’ailleurs très développée du fait de la présence des communautés autonomes dont certaines sont « turbulentes ».

Les partis régionaux sont souvent nationalistes. Certains ont également leur représentation au niveau national grâce aux soutiens qu’ils donnent parfois aux partis nationaux.

Pendant sa première législative (1996-2000), José María Aznar (parti Partido Popular, PP) n’a eu que la majorité relative au Parlement. Lors de sa seconde législative (2000-2004) il a cette fois obtenu la majorité absolue et s’est trouvé en position de force, n’étant pas obligé d’avoir les soutiens des autres partis. Cela a abouti à une attitude dominante du PP.

Quand Aznar arrive au pouvoir en 1996, il est chef du PP depuis 6 ans. Le Partido Popular fut créé par Manuel Fraga Iribarne, ancien ministre « libéral » de Franco, à partir d’un parti très à droite : Alianza Popular.

Aznar a réussi ce que personne n’avait réussi jusque là : unir le centre et la droite, sous l’égide du PP. Le PP est ainsi devenu une machine politique disciplinée (consensus partout) et performante.

Quant au PSOE, il souffre des affaires de corruption et la question est posée de savoir si Felipe González doit rester à la tête du parti. Finalement, il y reste car la défaite aux législatives de 1996 fut honorable mais il annonce qu’il ne sera pas candidat à sa réélection (luttes intestines). En 48h, le choix de remplaçant est fait : ce sera Joaquín Almunia. C’est ainsi la fin d’une époque car Felipe González était une figure importante et ancienne du PSOE (depuis 1974).

Joaquín Almunia a l’idée d’organiser des élections primaires pour le parti desquelles ressortiront que Josep Borell est élu. La direction du parti devient donc bicéphale, une situation difficile pour Josep Borell qui jette l’éponge en 1999. On retrouve alors Almunia comme nouveau candidat du PSOE mais il accuse un échec cinglant aux législatives 2000 car la crise est profonde dans le parti. C’est ainsi que Manuel Chaves devient le nouveau secrétaire générale du PSOE en 2000.

Fin 2003, Mariano Rajoy est plus apprécié que José Luis Rodríguez Zapatero. Des questions se posent : les socialistes doivent-ils accepter des pactes avec les revendications nationalistes de certains socialistes qui veulent une révision du statut autonomique (Catalogne, Andalousie) ? Ou bien doivent-ils avoir peur pour l’unité de l’Espagne ?

Concernant le parti Izquierda Unida, sa marginalisation est croissante et son objectif est de rassembler toutes les forces politiques à la gauche du PSOE (à l’exception des nationalistes).

Vie politique régionale

En Catalogne, on assiste à un effritement de CiU (Convergència i unió), la coalition nationaliste modérée de centre droit dirigée par Jordi Pujol. CiU va soutenir le PP au niveau national pour que, en échange,ce dernier soutienne CiU au niveau régional à la Generalitat.

Pour la Galice, il faut noter l’indéracinable Manuel Fraga Iribarne. Il a commencé sa carrière dans rangs du franquisme puis a obtenu un rôle important lors de la transition démocratique ainsi que pour la création de la nouvelle constitution. Il fut le chef de l’opposition de droite durant le gouvernement de Felipe González. Iribarne obtient la majorité absolue au Parlement de Galice (la Xunta) aux élections de 2001. Il jouit d’une incontestable popularité.

Un événement important dans la région : le naufrage du navire Prestige en 2003.

Au Pays Basque, un rapprochement s’effectue entre le PNV (Partido Nacionalista Vasco) et HB (Herri Batasuna), formation nationaliste extrémiste considérée proche de l’ETA. L’organisation annonce une rupture de la trêve le 28/11/1999. Cela ne tarde pas puisque le premier attentat a lieu le 21/01/2000 à Madrid.

Le célèbre juge Garzón s’est intéressé à HB et obtient la dissolution de Batasuna (ex Herri Batasuna) en 2002. Cette même année, Juan José Ibarretxe (chef du gouvernement basque) met en marche son projet souverainiste. Son plan consiste à accorder au Pays Basque un « statut de libre association » avec l’Espagne et d’en faire une « nation associée » en Europe. Le PP et le PSOE rejettent fermement cette idée du fait son inconstitutionnalité (avérée). C’est ainsi la fin des bonnes relations de soutien entre le PP et le PNV.

Dans les autres communautés autonomes, la représentation donne l’avantage au PP.

Partie 2 – L’évolution institutionnelle

On assiste à un « immobilisme constitutionnel » de l’Espagne : en 2003, deux tiers des Espagnols restaient attachés à leur Constitution même s’ils reconnaissaient le besoin d’effectuer quelques retouches. La grande lacune de la Constitution de 78 est d’avoir laissé vierge la carte définitive de l’Etat : il revient en effet aux communautés autonomes de s’auto-constituer. L’Espagne est donc un Etat qui se construit. Un autre problème est que les 17 communautés autonomes signifient qu’autant de Constitutions régionales existent et doivent tant bien que mal co-exister dans l’ensemble national…

La Constitution de 78 explicite que l’Espagne est un Etat de droit, il n’y a donc pas de place pour arbitraire, d’où le rôle majeur du Tribunal constitutionnel.

Faut-il modifier la Constitution ? Le PP ne veut pas entendre parler de cette hypothèse alors que le PSOE est pour une clarification du rôle des autonomies.

L’avenir institutionnel de l’Espagne est donc encore incertain mais pour certains le pays présente déjà tous les caractères d’un Etat fédéral, il nécessiterait juste quelques améliorations. Pour d’autres, au contraire, on en est encore loin car les relations entre l’Etat et les communautés autonomes dépend de chaque statut autonomique, ce qui n’est pas le cas dans un Etat fédéral. Il faudrait pour cela réviser la Constitution !

L’évolution des institutions centrales : une « présidentialisation renforcée »

Le régime espagnol est un régime constitutionnel parlementaire mais dans la pratique, le « fait majoritaire » donne une allure de plus en plus présidentielle. Par exemple, quand le PP avait la majorité dans les deux chambres, le Président du gouvernement avait les mains totalement libres.

Une subtilité qui a son importance est que sur le plan constitutionnel c’est le président et non le gouvernement qui reçoit l’investiture du Congrès des députés.

Quid du roi, chef de l’Etat pourtant ? Son effacement est voulu. Depuis la tentative de coup d’Etat militaire du 23/02/1981, Juan Carlos a gagné sa légitimité démocratique. Le roi d’Espagne possède plusieurs facettes :

  • chef de l’Etat, 
  • symbole de l’unité et de la pérennité de l’Espagne, 
  • veille au bon fonctionnement des institutions, 
  • propose au Congrès des députés un candidat à la présidence du gouvernement et le désigne officiellement, 
  • promulgue les lois, 
  • commandant des armées, 
  • signe les décrets en Conseil des ministres, 
  • représente l’Espagne à l’étranger, 
  • détient le droit de grâce
  • etc.

Cependant, c’est bel et bien le peuple espagnol qui est le seul titulaire de la souveraineté et le gouvernement est le seul titulaire du pouvoir exécutif.

Du côté du Sénat espagnol, on peut dire qu’il n’a jamais réussi à se forger l’image d’une seconde chambre capable de corriger les dérives de la chambre basse : son rôle est celui d’un doublon inutile du Congrès des députés.

Notons les tensions du pouvoir judiciaire pour lequel l’indépendance de la justice espagnole est normalement garantie par la Constitution mais la difficulté repose l’attribution d’un pouvoir judiciaire (complet ou partiel) aux communautés autonomes.

L’évolution des institutions autonomiques : entre continuité et menaces de rupture

Voici un thème majeur. Quel vocable doit-on utiliser pour qualifier l’Espagne ? Doit-on parler d’un « Etat complexe, Etat composé, Etat des autonomies, Etat autonomique, Etat semi-fédéral, fédéral, Etat régional… ? » A cette interrogation, c’est l’expression « Etat des autonomies » qui a la préférence doctrinale.

Ce problème est persistant depuis la Constitution 78 puisqu’elle ne précise pas le statut des communautés autonomes. C’est ainsi que certains ont pour attributions la gestion de l’impôt, la gestion financière, éducative, sociale…

Heureusement, les institutions des communautés sont proches de l’articulation nationale (Parlement, gouvernement, président) ce qui facilite le dialogue entre elles et avec la hiérarchie nationale. De nos jours, l’exécutif régional est devenu très important et de fait le président régional reste bien souvent longtemps en poste. La tendance est aussi à la « régionalisation » des grands partis politiques.

Faiblesses et menaces

La fragilité institutionnelle de l’Espagne des autonomies était prévisible ab origine c’est ce qui rend encore les relations entre le pouvoir national et le pouvoir local fragiles. Les autonomies ont été conçues comme un « droit » et non comme un « devoir » de participation et de collaboration avec le niveau national.

Remarques :

  • Les communautés autonomes semblent souvent s’ignorer entre elles et préfèrent se préoccuper seulement de leurs attributions, non de la bonne marche de l’Etat espagnol.
  • Persiste un problème de mauvaise représentation au niveau national. Pour certaines personnes, le Sénat aurait pu jouer ce rôle.
  • Les communautés autonomes ne sont pas associées aux décisions politiques impliquant l’Espagne sur le plan européen.

Défis préoccupants

Au Pays Basque, c’est le gros problème du terrorisme de l’ETA qui préoccupe malgré la dissolution de Batasuna (ex Herri Batasuna) en 2002.

Une autre préoccupation est celle du plan Ibarretxe qui prévoit l’association de l’Euskadi, « nation sans Etat », à un Etat déjà plurinational. Or, cela ne correspondrait à aucune configuration juridique connue !

S’agissant de la Catalogne, elle ne connaît pas le problème de terrorisme du type ETA mais elle revendique vivement le même principe d’autodétermination.

Partie 3 – La politique étrangère

L’héritage d’Aznar

Héritage du franquisme, l’Espagne est en position d’isolement relatif dans les institutions internationales. Pendant la période socialiste (1982-1996), l’Espagne a voulu jouer un rôle plus important dans les Nations Unies et son intégration européenne date de 1986. Grâce à la participation du pays, les socialistes ont fait de l’Espagne un pays européen ! En Amérique latine, de nouveaux traités de coopération et d’amitié ont été signés.

Les seuls points noirs sont le Sahara occidental (abandonné à son sort en 1975) et la Guinée équatoriale (administrée par l’Espagne jusqu’en 1969).

1996 : prolongement nuancé ou tournant ?

Le PP a choisi la continuité en politique étrangère car elle est le miroir de l’identification nationale mais il y apporte quelques retouches malgré tout : maintenant l’aspect économique va devenir primordial.

Le gouvernement Aznar fait partie des porte-parole en faveur de l’entrée de la Turquie à l’Union Européenne (car les Etats-Unis soutenaient cette candidature et que l’Espagne souhaitait conserver de bonnes relations avec eux).

Cependant, l’alignement d’Aznar sur la position du président Bush pour la guerre en Irak marque la fin de la continuité et du consensus national.

La construction européenne

Le volet européen n’est clairement pas la priorité d’Aznar. L’Espagne entre malgré tout dans la zone euro en 1999. Bien que les contributions européennes versées à l’Espagne soient en hausse, on assiste à un affrontement avec l’Allemagne sur le plan budgétaire. Notons également la création d’un espace policier et judiciaire unique concernant le terrorisme et la drogue.

La relation transatlantique

Aznar a privilégié les relations avec les Etats-Unis plutôt qu’avec l’Europe :

  • L’Espagne est intégrée à l’Alliance atlantique.
  • Le soutien d’Aznar à Bush pour la guerre en Irak a marqué la fin du consensus avec l’opinion publique.
  • Les bases américaines présentes en Espagne (Rota, Morón) ont eu l’autorisation d’être modernisées.
  • L’événement du 11/09/2001 fut une occasion pour José María Aznar de soutenir davantage encore les Etats-Unis, cette fois face au terrorisme.

Irak : Aznar, l’allié fidèle

L’Espagne est membre non permanent du Conseil de sécurité en 2003-2004. Après la guerre Irak de 2003, l’Espagne a gardé d’étroites relations avec les Etats-Unis.  

Les Nations unies et l’ordre international

L’espace méditerranéen

La zone est problématique car plusieurs pays sont concernés, issus de plusieurs cultures, à différents niveaux de développement et comportant des gouvernements soumis aux décisions des Etats-Unis. Aznar a sacrifié les relations avec Maroc. Concernant l’Algérie, elle est le principal partenaire économique de l’Espagne en Afrique du Nord (gazoduc Algérie-Maroc-Espagne-Portugal, 1996). Afin de se rapprocher des Etats-Unis, le soutien de la cause palestinienne fut moins affirmé.

Le Maroc

Plusieurs dossiers sont ici présents : Ceuta et Melilla, le statut du Sahara Occidental, la pêche dans les eaux marocaines, l’immigration clandestine, le détroit de Gibraltar, les investissements espagnols au Maroc… Les relations ont toujours été difficiles avec le Maroc mais le sont encore plus avec Aznar. En 2002, un incident diplomatique sur l’îlot de Perejil (inhabité) qui fut occupé quelques jours par les Marocains pour revendiquer leur souveraineté sur cet espace.

Ceuta et Melilla

A part quelques mouvements marginaux, personne ne manifeste la volonté de citoyenneté marocaine. Il faut dire que la dépendance vis-à-vis de l’environnement marocain est forte pour l’eau, l’énergie, les ressources agricoles, le peu industries sur place, le peu main-d’œuvre qualifiée et un marché local trop petit.

Le Sahara occidental

Création de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental). Que décider ? Un droit à la prédétermination du peuple sahraoui, un statu quo ou bien un régime d’autonomie ? Présence du Front Polisario qui lutte pour l’indépendance du Sahara Occidental.

Gibraltar

Le programme de 1996 du PP prévoyait une période transitoire de co-souveraineté entre l’Espagne et la Grande-Bretagne, la conservation de la nationalité britannique et un large statut d’autonomie. La « réponse » de la Grande-Bretagne fut… de garder le silence. A Gibraltar persiste les problèmes du blanchiment d’argent et de l’évasion fiscale (plus de sociétés fictives que d’habitants !).

L’Amérique latine

L’Espagne est devenu le premier investisseur européen en Amérique latine et le deuxième dans le monde après les Etats-Unis. On comprend alors pourquoi la crise argentine de 2001 a fortement impacté l’Espagne.

Cuba

En 1996, le PP s’engage à conditionner ses relations économiques et humanitaires avec Cuba à des améliorations en matière de droits de l’homme. Ce fut le premier point de tension entre le gouvernement du PP et les partis d’opposition.

Partie 4 – Les mutations économiques

A propos de la croissance différentielle

Depuis les années 1990, l’économie espagnole a connu une période faste : augmentation son PIB, diminution du taux chômage même si la productivité restait faible et que la tendance était inflationniste.

Une considération préalable : l’environnement économique international

Prédominance d’un contexte d’euphorie entre 1996 et 2000 portée par la nouvelle économie du numérique. L’intégration monétaire européenne est aussi d’actualité avec l’adoption de l’euro.

Le développement de l’économie espagnole entre 1996 et 2003 : aspects macroéconomiques supplémentaires

Mettre en comparaison l’Espagne et l’Europe n’est pas pertinent car il s’agit de situations de développement différentes. Mieux vaut comparer avec le Portugal ou l’Irlande dont les variables économiques sont plus proches.

La croissance n’est pas synonyme de baisse des inégalités régionales. En revanche, l’éducation est un facteur d’avenir important pour compenser ces inégalités mais l’Espagne néglige son budget éducation et la formation (initiale ou continue) est laissée de côté. 

Le passage à l’euro a eu pour conséquence la plus haute inflation des Etats de la zone euro.

Un autre mauvais point est celui de la protection de l’environnement car l’Espagne n’a pas respecté le protocole Kyoto (2002) et devra donc avoir recours à l’achat massif de permis de polluer aux « bons élèves » de l’Union Européenne.

La situation de l’emploi

On notera la fréquence des accidents du travail de plus de 3 jours d’arrêt de travail.

La qualité de vie des ménages

L’endettement des familles a beaucoup augmenté pendant les années Aznar à cause du faible taux d’intérêt à l’emprunt et de la forte concurrence entre les banques sur le marché immobilier. Ainsi, 80 % des revenus ménagers sont consacrés au remboursement du prêt immobilier. 

Les bulles immobilières ont pullulé : le prix du logement a augmenté cinq fois plus vite que les salaires bruts ce qui a engendré un endettement plus fort. La tendance est aussi à l’intense construction de logements ce qui provoque une rareté du terrain. Quant à la construction de logements sociaux, elle est en chute.

Le rôle du secteur public

Son poids diminue pendant les années Aznar  (cela est évident puisque c’est l’idéologie du PP) et les dépenses sociales de l’Espagne sont inférieures à celles des autres pays européens (sauf concernant le chômage).

Les causes de la croissance

Le secteur de la construction explique plus d’un quart de la croissance du PIB.
Attention aux exceptions : la productivité est faible (du fait de la forte création d’emplois) et l’élargissement de l’Union Européenne a pour conséquence une baisse des contributions européennes.

Considérations finales

La croissance espagnole est surtout le fait du contexte économique international en expansion.

Partie 5 – Les changements de la société

Le tournant des siècles (1996-2004)

Selon Carl Jung, les fins de siècle sont des périodes de transformations sociales importantes. Un bon exemple est celui du passage du XIXe au XXe siècle qui fut important car il permis l’indépendance des dernières colonies, la révolution industrielle espagnole vers 1900 et la génération des intellectuels de 1898.

Les deux mandats d’Aznar, justement eux aussi à cheval sur deux siècles, « marquent précisément le tournant du siècle ». En outre, le fait est assez rare en politique pour être souligné : Aznar avait annoncé qu’il n’irait pas au-delà de deux mandats et il a respecté sa promesse.

Repères économiques

Le taux de croissance annuelle du PIB espagnol est nettement sous-évalué avec l’intention d’obtenir plus d’aides de l’Europe mais aussi objectivement car la part d’économie clandestine dans le secteur touristique (côte méditerranéenne) est à la fois importante et difficilement chiffrable.

L’ouverture de l’Espagne vers l’extérieur a permis l’ouverture de son commerce extérieur. Le pays a aussi accueilli le boom du tourisme grâce à ses atouts multiples que sont le climat, les prix raisonnables, la gastronomie, l’alcool pas cher, le patrimoine historique, les fêtes, les bonnes infrastructures…

Malheureusement, l’arrivée de la démocratie a aussi coïncidé avec la crise pétrolière et la reconversion industrielle et ont constitué des freins à l’emploi.

Données démographiques

La natalité espagnole est faible alors que se manifeste l’augmentation des flux de populations provenant de l’étranger. La population immigrée signifie aussi l’arrivée massive de femmes sur le marché du travail.

Le niveau espérance de vie espagnol est haut ce qui veut dire que la population vieillissante. A partir de vingt ans cependant, la mortalité masculine devient plus forte que la mortalité féminine.

Comparé à d’autres pays européens, en Espagne l’aide fiscale est faible pour les familles nombreuses. Sur le plan des divorces, ils moins nombreux en Espagne qu’ailleurs en Europe. S’agissant de la natalité, il faut savoir que la fécondation in vitro est très répandue et favorise en cela la hausse de natalité.

Notons la permanence de la tradition qui veut que les femmes s’occupent à la fois des enfants et des personnes âgées (parents et beaux-parents) qui vivent souvent près des enfants. Ce point, ajouté à la santé publique gratuite pour les personnes âgées aide à vivre mieux longtemps.

Sur le plan de la mortalité, le cancer est une cause importante de mortalité mais, curieusement, elle diminue chez les femmes.

Densité sociale

On appelle densité le nombre d’habitants au km². La densité espagnole est beaucoup plus faible que celles du Portugal, de la France et de Italie.

Parler ici de « densité sociale » (Emile Durkheim) signifie que les Espagnols se déplacent plus qu’avant. En effet, l’arrivée des étrangers a été fortement ressentie car le pays est passé d’une société d’émigration à une société d’immigration. Le chômage est important également car beaucoup refusent de quitter leur ville et leur famille pour trouver emploi.

Changement social et nouvelles valeurs

Le passage d’un régime politique autoritaire à une démocratie voit petit à petit la libération des mœurs : les femmes entrent dans vie active, dans les études mais cette arrivée est tellement massive et soudaine que l’Espagne prend du retard dans la qualité de l’éducation et de la recherche scientifique. C’est pourquoi les entreprises vont développer leurs propres formations et créer ainsi un élan modernisateur.

Après l’exode rural, le phénomène migratoire est inversé : c’est le retour des populations des villes vers les campagnes. Les Espagnols partent des grandes villes et atténuent les différences de styles de vie entre la ville et la campagne. On assiste à la transformation radicale de Madrid qui devient un grand centre touristique, une capitale financière, le lieu d’implantation des entreprises… alors qu’avant la ville n’était qu’une capitale administrative.

Ces nouveaux modes de vie, démocratisés sont synonymes de meilleurs revenus, de voyages, de sport, de cartes de crédit, de téléphones portables, d’ordinateurs… Une nouvelle mentalité s’installe aussi et on accepte l’idée du divorce, du concubinage, de l’avortement, de l’euthanasie, du pragmatisme économique (faire attention à son argent), du rejet du service militaire en 2002 (sous le PP) en faveur d’une armée professionnelle, etc.

Enfin, la notion d’éthique au travail a reculé : ce qui compte maintenant c’est le salaire et non l’intérêt véritable du travail occupé. Le travail est perçu comme un « curro ». Se développe aussi une certaine passivité avec l’idée que l’Etat les aides humanitaires vont résoudre les problèmes. Les loisirs sont devenus plus importants (hausse des créations de parcs thématiques) mais le pessimisme est ambiant à cause de la crainte de chômage des jeunes, du terrorisme, de l’érosion des valeurs religieuses (laïcisation de la société) même si l’Eglise catholique a encore beaucoup de poids socialement en Espagne.

La vie quotidienne espagnole se caractérise par un attachement au groupe (familial, amical) et par une vie en dehors du foyer (dans la rue, au bar).

Partie 6 – Postface : élections du 14 mars 2004

Les attentats de Madrid du 11 mars 2004 (terrorisme islamiste en réponse à la participation de l’Espagne à la guerre en Irak) ont eu une influence sur les élections législatives qui voient la nette victoire du PSOE de José Luis Rodríguez Zapatero sur le PP (Mariano Rajoy).

Version ebook

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