Espagne : quelle lecture numérique en bibliothèque ?

Quel est l’état de la lecture numérique dans les bibliothèques espagnoles ? Le ministère de l’éducation, de la culture et du sport d’Espagne a diffusé les chiffres 2015 reflets de la première année pleine d’activité pour ce service.

ebook en bibliothèque

A titre indicatif, notons qu’en France « 23% des bibliothèques municipales de villes de plus de 10 000 habitants proposent des ressources électroniques à leurs usagers. Parmi celles-ci, 48% proposent des livres numériques (données 2013-2014) » (source). Deux exemples parmi d’autres : Bibook à Grenoble (dont le bilan 2015 après 6 mois d’activité est disponible par ici) ou encore à Paris la Bibliothèque numérique.

Qu’en est-il de nos confrères bibliothécaires espagnols ? Je me suis appuyée sur l’étude que je trouve bien faite du ministère de l’éducation, de la culture et du sport et vous en délivre ici les grands points.

eBiblio en Espagne

Lecture numérique

En Espagne, le service gratuit de prêt numérique de livres et de livres audios par les bibliothèques publiques s’effectue par une plate-forme : eBiblio. Vous pouvez en voir un exemple avec les bibliothèques publiques de la Communauté de Madrid.

Le service, initiative du ministère de l’éducation, de la culture et du sport, est disponible depuis 2014. Un fonds commun de départ de 1 506 titres fut déposé par le Secrétariat d’Etat espagnol à la culture à toutes les bibliothèques du réseau (+ 81,5% des licences, réparties selon le nombre d’habitants par Communauté autonome espagnole). Malgré tout, l’offre de titres diffère ensuite car chaque Communauté autonome (l’équivalent de nos régions françaises grosso modo) gère son fonds selon ses besoins.

eBiblio permet aussi bien au lecteur inscrit en bibliothèque la lecture en streaming qu’en téléchargement (format ePub) et dispose en outre d’une application mobile gratuite.

Quel bilan global en 2015 ?

Sur l’année 2015, eBiblio recense :

  • 4 098 titres dont 50 livres audios (en France, le point du PNB par le réseau CAREL en février 2015 dénombre 13 000 titres),
  • 240 157 licences,
  • 246 115 prêts,
  • pour 48 037 emprunteurs actifs.

Les oeuvres de fictions sont les plus empruntées : 59% des prêts réalisés. D’ailleurs, pour les hispanophones voici le top 5 des titres :

  1. Le gardien invisible (Dolores Redondo)
  2. La trilogie Cinquante nuances de Grey (E.L. James)
  3. Aux portes de l’éternité (Ken Follet)
  4. Dime quién soy (Julia Navarro) (non traduit en français)
  5. Ofrenda a la tormenta (Dolores Redondo, non traduit en français).

Suivent, beaucoup plus loin, les ouvrages jeunesse (9%) et de développement personnel (9% également). Les livres audios représentent quant à eux 1% des prêts.

Prêt numérique vs prêt présentiel

Un comparatif a été effectué et révèle que le prêt numérique représenterait 0,56% du total des prêts annuels, tous supports confondus. Si l’on compare le chiffre d’emprunts de livres papiers par rapport à celui des livres numériques, on obtient un ratio de 1% pour ces derniers.

Quel bilan par aire géographique ?

L’étude présente aussi les chiffres par région, ce qui est potentiellement intéressant. Cependant, dans la mesure où certaines n’ont pas été prises en compte car le service implémenté en cours d’année, les résultats obtenus ne me semblent pas très signifiants à exposer.

On peut malgré tout noter que sur l’année 2015, la Catalogne et Madrid sont les régions comptabilisant le plus grand nombre d’emprunteurs actifs.

Conclusions de l’étude

Le ministère se félicite du succès de l’implantation dans toutes les Communautés autonomes prévues (c’est-à-dire toutes sauf le Pays Basque qui a sa propre plate-forme : eLiburutegia) et de la plus grande visibilité des prêts numériques disponibles en bibliothèque publique.

Toujours selon le ministère, la poursuite de ce succès passera par les points clefs suivants :

  • la formation des usagers,
  • la formation des professionnels en bibliothèque,
  • la propagation du service parmi les usagers et les non-usagers,
  • l’actualisation et lamaintenance des sites Web,
  • l’implémentation du service à toutes les bibliothèques publiques, indépendamment de leur tutelle et gestion
  • et l’augmentation régulière des titres empruntables ainsi que l’ajout de nouveaux supports.

Tout un programme en perspective !