En quoi consiste la nouvelle politique africaine espagnole : « Espagne-Afrique 2025-2028 » ? (Partie 2/2)

Ceci est la suite de la première partie, à retrouver par ici.

Malgré les défis à relever, l’Espagne a des atouts !

Malgré les nombreux et importants défis à relever, l’Espagne possède des atouts sur lesquels elle peut s’appuyer pour réussir sa nouvelle politique africaine :

  • Liens géographiques, historiques, culturels et sociaux : la proximité géographique et les liens historiques avec l’Afrique lui confèrent une position privilégiée pour collaborer et comprendre les besoins et les aspirations des pays africains.
  • Projection atlantique et méditerranéenne : la double projection de l’Espagne, à la fois atlantique et méditerranéenne, lui permet d’avoir une dimension européenne et une intermédiaire privilégié pour les acteurs africains, facilitant la coopération dans divers domaines.
  • Réseau d’accords et de mécanismes de coopération : mis en place par l’Espagne pour lui permettre d’interagir efficacement avec les pays africains.
  • Instruments de soutien au commerce et à l’investissement : ces instruments espagnols ont pour but le développement économique et la création d’emplois sur le continent africain.
  • Expérience en matière de coopération : forte de plus de 40 ans de présence en Afrique, l’Espagne a accumulé une expérience en matière de coopération qui lui permet d’avoir une relation privilégiée et de développer des projets ayant un impact sur la région africaine.
  • Engagement en faveur de la paix et de la sécurité : l’Espagne se présente comme un partenaire fiable et engagé en matière de paix et de sécurité, point névralgique pour résoudre les défis d’instabilité dans certaines régions d’Afrique.
  • Développement des talents africains : la création d’une fondation pour l’Afrique afin de faire jaillir les talents africains est un autre atout de taille.
  • Engagement en faveur de la transition numérique et écologique : le royaume s’engage à soutenir une transition numérique juste et à collaborer à la lutte contre le changement climatique en appuyant le développement durable en Afrique.

Renforcement de la place de l’Espagne au sein de l’Union européenne

État membre de l’Union européenne, l’Espagne désire jouer un rôle plus actif dans l’orientation et la mise en œuvre de la politique européenne à l’égard de l’Afrique :

  • Rôle accru dans la politique de l’Union européenne : l’Espagne cherche à influencer la formulation des politiques européennes qui répondent aux besoins et aux objectifs stratégiques du continent africain, en reconnaissant l’importance de l’Afrique en tant que priorité géopolitique pour l’Union européenne.
  • Utilisation des instruments politiques européens : utiliser davantage les instruments politiques européens pour soutenir le développement et les objectifs stratégiques en Afrique, y compris la mise en œuvre de projets financés par des fonds européens.
  • Travailler avec les partenaires africains : la nouvelle stratégie espagnole met l’accent sur la nécessité de travailler avec les pays africains. Ils sont maîtres de leurs propres objectifs en matière de développement.
  • Initiatives d’investissement : profiter des opportunités d’investissement, Global Gateway en est une, pour réaliser des projets stratégiques qui répondent aux besoins des partenaires africains.

100 lignes d’action !

Lecteurs insatiables, les 100 lignes d’action sont présentées point par point dans le document PDF de 96 pages. Pour les lecteurs plus impatients, voici un condensé des éléments essentiels :

  • Renforcer le dialogue avec les pays et les organisations d’Afrique.
  • Accroître les consultations politiques avec un plus grand nombre de pays africains.
  • Renforcer la Casa África, la Casa Árabe et la Casa Mediterráneo.
  • Développer le déploiement diplomatique, coopératif et éducatif de l’Espagne en Afrique.
  • Lancer des initiatives telles que “Alianza África Avanza” afin de fournir un soutien institutionnel aux investissements espagnols.
  • Tirer parti des possibilités d’investissement offertes par l’initiative européenne Global Gateway pour les projets en Afrique.
  • Soutenir la réforme de l’architecture financière internationale pour activer plus fortement la participation et l’accès de l’Afrique au financement.
  • Renforcer les relations des ambassades espagnoles avec les délégations de l’Union européenne et entre les États membres de l’Union accrédités dans leurs pays.
  • Lancer de nouveaux programmes et augmenter les bourses d’études pour l’enseignement supérieur et la formation professionnelle des jeunes Africains.
  • Développer les programmes de mobilité et de migration circulaire avec les pays d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb.
  • Renforcer la coopération espagnole avec l’Afrique dans le domaine de la sécurité.
  • Développer les relations avec la diaspora africaine et y associer la lutte contre le racisme et la xénophobie.

Pedro Sánchez : “África es el futuro que ya está aquí”

Phrase prononcée par le président du gouvernement espagnol lors de la présentation de la Stratégie Espagne-Afrique 2025-2028.

Pour Pedro Sánchez, l’affirmation selon laquelle “L’Afrique est l’avenir qui est déjà là” implique une reconnaissance de l’importance et de la pertinence croissantes du continent africain dans le contexte mondial actuel. L’Afrique n’est pas seulement un lieu d’opportunités futures mais elle joue d’ores et déjà un rôle significatif dans l’économie, la politique et la société internationales.

La stabilité et le progrès en Afrique sont des intérêts stratégiques pour l’Espagne, rappelle Pedro Sánchez, qui souhaite établir des relations plus équitables et plus collaboratives avec les pays africains. Le royaume souhaite entamer une nouvelle ère dans ses relations avec l’Afrique, basée sur le respect mutuel et le partenariat. Les pays africains sont des partenaires stratégiques avec une capacité de leadership (primauté, en bon français) et un rôle de premier plan.

Résumé de l’intervention de Pedro Sánchez

Vous pouvez accéder à l’intégralité de son intervention en vidéo (début à 48 min. et 48 s.) ou lire sa transcription en ligne ou en PDF.

Précisons tout d’abord que la cérémonie de présentation de la Stratégie Espagne-Afrique 2025-2028 s’est déroulée en présence de plusieurs participants de premier plan, dont le président de la République islamique de Mauritanie, le président de la Commission de l’Union africaine, le président de la Commission de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest ainsi que le ministre de l’Économie, de la Planification et de la Coopération du gouvernement du Sénégal, parmi d’autres ambassadeurs et autorités.

Le président Sánchez mentionne plusieurs transformations structurelles en Afrique, soulignant que le continent abritera une classe moyenne qui comptera plus d’un milliard de personnes d’ici 2060. En outre, il note que 320 millions d’Africains possèdent aujourd’hui un téléphone portable qui leur permet d’effectuer des paiements, de contracter des services et de se connecter à des réseaux sociaux. Il évoque également le contraste entre les coups d’État et les démocraties de plus en plus solides, où les élections et l’alternance politique pacifique deviennent la norme.

Quels sont les liens entre François Bayrou et l’Espagne ?

François Bayrou est le Premier ministre de la France à compter du 13 décembre 2024. L’occasion pour nous de découvrir les liens qu’il a entretenus jusqu’à présent avec l’Espagne.

Tout d’abord, né dans les Pyrénées-Atlantiques et en tant que maire de Pau depuis 2014, ville située à deux pas de la frontière espagnole, François Bayrou a une proximité biographique avec l’Espagne. Mais il y a bien plus étonnant…

Dette publique espagnole 📈

François Bayrou s’est montré préoccupé par la situation de la dette publique espagnole en 2012. En effet, il a déclaré à l’époque que la fin de l’euro était possible en raison de la crise en Grèce et en Espagne. Il faut dire que Bayrou a fait de la lutte contre l’endettement public l’un de ses principaux thèmes de campagne en 2012. Bien que ses propositions ne visaient pas spécifiquement l’Espagne, elles s’inscrivaient dans un contexte où la dette espagnole atteignait des niveaux préoccupants, dépassant 100% du PIB pour la première fois depuis 1909. Dans ce contexte, François Bayrou soulignait l’urgence d’une action européenne coordonnée pour faire face aux crises de la dette.

Cible de l’ETA

On l’a peut-être oublié mais François Bayrou a été ciblé par l’organisation basque ETA en l’an 2000. Dans un communiqué publié par le quotidien nationaliste basque Gara, l’ETA s’en est pris pour la première fois à François Bayrou, alors président de l’UDF. Cette attaque verbale s’inscrivait dans le contexte des actions de l’ETA, qui avait revendiqué 17 attentats ayant fait huit morts en Espagne depuis le 31 juillet 2000.

L’ETA (Euskadi ta Askatasuna, signifiant “Pays basque et liberté” en basque) était une organisation terroriste basque indépendantiste d’inspiration marxiste-léniniste, active de 1959 à 2018. Pour en savoir plus sur cette période de l’histoire espagnole, je vous invite à lire mon ouvrage :

Géopolitique de l’Espagne

Dans une interview donnée en 2006, François Bayrou exprime ses réflexions sur le cessez-le-feu de l’ETA :

  • Émotion et espoir : il évoque une grande émotion à l’annonce du cessez-le-feu, soulignant qu’il s’agit d’un nouvel espoir, bien qu’il soit conscient que le processus de paix sera long et complexe.
  • Souvenir des victimes : Bayrou pense aux victimes du conflit, à ceux qui ont perdu la vie ou qui ont été affectés par la violence.
  • Contexte historique : il mentionne que les conflits d’identité ne sont pas des affaires de court terme mais plutôt des luttes ancrées dans un long courant historique.
  • Engagement de l’État français : François Bayrou fait part de son scepticisme quant à l’engagement de l’État français dans le conflit basque car l’État n’a jamais voulu se considérer comme impliqué dans cette crise.

Culture basque

François Bayrou a manifesté à plusieurs reprises son soutien à la culture basque et aux langues régionales en général. Lui-même locuteur du béarnais, il a souvent plaidé pour leur protection et leur promotion, considérant qu’elles font partie intégrante du patrimoine culturel français.

D’ailleurs, durant son mandat de président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou a mis en place plusieurs initiatives en faveur de la culture basque comme l’introduction de la signalétique routière en euskara (langue basque) ou la signature d’une convention avec Seaska pour le financement par l’État des enseignants de la filière immersive en euskara. En 1999, il a initié le projet de création d’un pôle d’archives du Pays basque à Bayonne. Cette décision a été saluée comme un “acte politique fort” en faveur de la préservation de la mémoire et de l’identité basques.

Ciudadanos

Dans un article de la presse française, il est mentionné qu’en 2012 François Bayrou aurait envisagé de prendre contact avec le parti espagnol Ciudadanos. La rencontre a-t-elle eu lieu ? En tout cas, on peut noter des similitudes entre la position politique de François Bayrou et celle de Ciudadanos : l’homme est perçu comme un homme politique du centre en France (“46% des Français estiment que le nouveau Premier ministre est du centre”). De même, Ciudadanos se définit comme un parti centriste, libéral, progressiste et constitutionnaliste. Ces valeurs peuvent alors trouver un écho chez François Bayrou. Également, Ciudadanos se positionne comme une alternative aux partis traditionnels de gauche et de droite en Espagne, tout comme François Bayrou a souvent cherché à se présenter comme une option centriste entre la gauche et la droite en France.

Podemos

François Bayrou s’est montré préoccupé par la montée en puissance du parti politique espagnol Podemos et ses implications potentielles pour l’Union européenne. En 2015, lors d’une interview, il a mis en lumière son inquiétude en déclarant : “Il y a des risques d’explosion de l’Union européenne” (vidéo à 2 min. 14 sec.). Cette déclaration faisait suite aux élections municipales et régionales en Espagne, où Podemos et d’autres partis de gauche radicale avaient réalisé une percée significative. Rappelons que Podemos, fondé en 2014, a connu une ascension rapide dans la politique espagnole, remettant en question le bipartisme traditionnel. Cependant, depuis sa création, le parti a connu des hauts et des bas. Dix ans après sa fondation, Podemos lutte en 2024 pour sa survie politique, confronté à des divisions internes et à une chute dans les sondages.

Ligne Pau-Canfranc 🚂

François Bayrou a considéré que la réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc était un bon projet, mais son implication a été limitée. Pau est située en France et Canfranc du côté espagnol. Les écologistes, notamment Jean-François Blanco et Julien Brunel, ont appelé l’homme public à s’impliquer davantage dans ce projet. Ils ont estimé qu’en tant que maire de Pau et président de l’agglomération, il devrait soutenir activement cette initiative qui ferait de Pau une capitale régionale transpyrénéenne.

Groupe d’amitié

Enfin, notons que François Bayrou a été membre, de 1986 à 1988, du groupe d’amitié “France royaume d’Espagne” de l’Assemblée nationale française !

En quoi consiste la nouvelle politique africaine espagnole : « Espagne-Afrique 2025-2028 » ? (Partie 1/2)

En quelques mots

La “Stratégie Espagne-Afrique 2025-2028” est une initiative qui vise à renforcer les liens entre l’Espagne et le continent africain. Avec cinq objectifs clairs et 100 actions concrètes, cette stratégie se concentre sur la construction de relations basées sur le respect et la coopération, en abordant des défis communs tels que le développement économique et le changement climatique.

Mon regard

L’Espagne avance et pense à l’avenir ! Au-delà des seuls débats sur l’immigration et bien plus loin que son intégration à l’Union européenne, son regard se porte aussi vers le Sud, vers les pays d’Afrique, porteurs de nombreux espoirs pour le royaume. Une manière de faire ressortir les aspects positifs plutôt que d’aller à rebours de la marche des événements. Pedro Sánchez en est convaincu : “África es el futuro que ya está aquí” (L’Afrique est l’avenir qui est déjà là).

L’Espagne a compris bien longtemps, depuis les indépendances africaines surtout et avec le roi Juan Carlos Ier d’Espagne (nous le verrons dans de prochaines publications), que ses relations avec l’Afrique devaient être valorisées et intensifiées car ce continent, si proche géographiquement, représente un grand potentiel de croissance. Ces dernières années d’ailleurs, l’Espagne n’a pas lésiné sur les efforts : plans stratégiques vers l’Afrique, institut culturel, etc. Je vous expliquerai ces éléments un peu plus tard car ils nécessitent de l’espace dédié. La question qu’on peut se poser à la fin de la lecture qui suit est : que font pendant ce temps les autres pays européens ? La France, en particulier, perd du terrain en Afrique et ne semble pas très allante pour adopter une posture qui prendrait davantage en compte les intérêts bilatéraux. Alors, heureusement que l’Espagne y travaille, pour elle tout d’abord mais aussi, par ricochet, pour l’Europe.

Photo : Pool Moncloa / Fernando Calvo. La Moncloa, Madrid – 05/12/2024

Les 5 points objectifs de la stratégie espagnole

Les 5 points tiennent en 5 mots-clefs choisis pour leur nature verbale, dans une connotation d’action : “reforzar, crecer, conectar, proteger, convivir” :

  1. Renforcer la relation hispano-africaine : consolider les relations diplomatiques et politiques entre l’Espagne et les pays africains. Cela comprend l’organisation de sommets et de visites bilatérales ainsi qu’un dialogue plus approfondi avec les organisations régionales telles que l’Union africaine et la CEDEAO. Cela implique également l’ouverture de nouvelles ambassades et de bureaux sectoriels en Afrique pour renforcer le dialogue politique.
  2. Croître ensemble, en impliquant notamment les jeunes : favoriser un développement économique inclusif, en mettant l’accent sur la participation des jeunes. Pour cela, des initiatives comme la création de nouvelles bourses pour les jeunes Africains, le soutien à des projets qui favorisent la croissance économique et la création d’emplois sur le continent sont proposées.
  3. Relier plus étroitement les sociétés et les économies de l’Afrique, de l’Espagne et du monde : jeter des ponts entre les sociétés africaines et espagnoles, promouvoir les échanges culturels et éducatifs. Il s’agit d’améliorer la compréhension mutuelle, faciliter la mobilité universitaire, garantir une migration sûre et ordonnée qui deviendra ainsi une force.
  4. Protéger les plus vulnérables : garantir la paix et la sécurité comme base du développement durable. En d’autres termes, soutenir les pays africains dans la prévention et la résolution des conflits, la lutte contre le terrorisme et le renforcement de la sécurité maritime. Cela implique aussi de contribuer au renforcement de la résilience face aux menaces climatiques et environnementales.
  5. Vivre ensemble dans des sociétés ouvertes et inclusives : mettre l’accent sur la promotion de sociétés inclusives et démocratiques, en soutenant des propositions qui renforcent l’État de droit, luttent contre la corruption et renforcent l’autonomie des femmes et des filles africaines. Ne pas oublier non plus la lutte contre le racisme et la xénophobie, valeurs de diversité et d’inclusion portées par l’Espagne.

Avec quelles régions d’Afrique ?

La stratégie Espagne-Afrique 2025-2028 ne se limite pas à des pays africains désignés, potentiellement tout le continent africain est visé. Cependant, certaines grandes régions sont particulièrement ciblées :

  1. L’Afrique du Nord : région considérée comme un voisinage immédiat de grande importance pour l’Espagne.
  2. L’Afrique de l’Ouest : reconnue comme une zone clef pour la coopération et le développement.
  3. Le Sahel : région notable en raison des défis et des opportunités qu’elle présente.

Pourquoi l’Espagne met-elle en place cette nouvelle politique africaine ?

L’Espagne élabore la stratégie Espagne-Afrique 2025-2028 pour plusieurs raisons :

  • Intérêts stratégiques : l’Espagne reconnaît que le présent et l’avenir de l’Afrique, ainsi que sa prospérité, sa sécurité et son développement inclusif, sont des intérêts stratégiques de premier ordre pour le royaume. Le souhait est alors d’aligner les intérêts des deux régions et de promouvoir un développement durable et sûr.
  • Transformation économique et sociale : l’Espagne souhaite accompagner la transformation économique et sociale des pays africains, en accordant une attention particulière à la jeunesse, c’est-à-dire en favorisant la croissance économique et la création d’emplois sur le continent.
  • Relation géographique et culturelle : la situation géographique de l’Espagne, pont entre l’Europe et l’Afrique, rend indispensable des relations plus étroites avec le continent voisin. De plus, des valeurs profondément ancrées dans la société espagnole sont à l’origine de ce partenariat.
  • Défis communs : la stratégie espagnole s’attaque à des défis communs, tels que les migrations, la sécurité, le changement climatique et le développement économique. Ensemble, l’Espagne et l’Afrique peuvent relever ces défis plus efficacement et construire un avenir plus juste et plus durable.
  • Engagement en faveur de l’inclusion et des droits de l’homme : l’Espagne cherche à promouvoir des sociétés inclusives et démocratiques en Afrique, en portant des projets qui renforcent l’État de droit, luttent contre la corruption, soutiennent l’autonomisation des femmes et des jeunes filles africaines.

Les principales opportunités pour l’Espagne

Dans un long (mais très bien présenté) document PDF de 96 pages, l’Espagne présente les principales opportunités de sa stratégie Espagne-Afrique 2025-2028 :

  • Croissance économique : la contribution de l’Afrique au PIB mondial devrait augmenter de manière significative, passant de 3 % aujourd’hui à six fois plus d’ici 2050, une réelle opportunité pour les investissements et le commerce !
  • Développement inclusif et durable : accorder une attention particulière aux jeunes, la grande partie de la population africaine.
  • Coopération et dialogue : intensifier le dialogue politique et la coopération au développement, notamment par la création d’un conseil consultatif sur l’Afrique et l’accentuation du déploiement diplomatique de l’Espagne sur le continent.
  • Initiatives d’investissement : lancement de programmes tels “Alianza Africa Avanza” pour soutenir les investissements espagnols en Afrique ainsi que l’utilisation de la stratégie européenne Global Gateway pour les projets sur le continent.
  • Éducation et formation : augmentation des programmes de mobilité et des bourses pour les jeunes Africains, une opportunité pour le développement des talents et la formation professionnelle sur le continent.
  • Relations commerciales et d’investissement : l’Espagne se positionne comme un partenaire clef en matière de commerce et d’investissement et met l’accent sur des secteurs comme les infrastructures, l’énergie et la pêche. Des perspectives de collaboration économique sont attendues.

Le pilier stratégique : la jeunesse africaine

La jeunesse africaine est le pilier sur lequel s’appuie une grande partie de la nouvelle politique espagnole :

  • Démographie favorable : la population de jeunes devrait représenter près de la moitié des moins de 18 ans dans le monde d’ici 2050, avec un besoin de créer 30 millions d’emplois par an.
  • Éducation et formation : la jeunesse africaine est considérée comme un moteur du changement car elle est et sera bientôt plus encore demandeuse demande de formation, d’emploi et de mobilité. Il est donc nécessaire d’exploiter le dividende démographique pour encourager une plus grande productivité grâce à une éducation de base de qualité, une formation professionnelle et des possibilités d’emploi décent pour les jeunes.
  • Participation active : la jeunesse africaine est plus exigeante que les générations précédentes. Les jeunes sont de plus en plus impliqués dans la recherche de solutions.
  • S’inscrire dans le développement durable : la stratégie espagnole ambitionne de faire participer les jeunes à des initiatives allant dans le sens du développement durable. Leur participation est essentielle pour assurer un avenir plus inclusif et plus prospère à l’Afrique.

Des défis à relever…

Loin d’être naïve, l’Espagne ne cache pas les défis qu’il reste à relever pour réussir pleinement sa nouvelle politique africaine :

  • Économie informelle et pauvreté : l’importance de l’économie informelle et l’existence de plus de 450 millions d’Africains pauvres sont un défi majeur pour le développement économique et la création d’emplois.
  • Inégalités : les inégalités économiques et sociales sont un obstacle qui met à mal l’accès équitable aux opportunités et aux ressources pour l’ensemble de la population africaine.
  • L’accès au financement : l’accès coûteux aux financements extérieurs limite les capacités de développement et de croissance des pays africains.
  • Lacunes en matière d’énergie et de connectivité : le manque d’infrastructures adéquates et l’accès limité aux services énergétiques rendent moins aisés le développement durable et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
  • Insécurité et conflits : l’insécurité causée par les conflits, la propagation du terrorisme et le crime organisé sont des défis qui affectent la stabilité et le développement dans plusieurs régions du continent.
  • Impact du changement climatique : l’Afrique est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, en particulier pour l’agriculture, la sécurité alimentaire et le bien-être général de la population.
  • Flux migratoires irréguliers : la migration irrégulière et la traite des êtres humains sont des problèmes qui requièrent une attention particulière.
  • Érosion de la légitimité démocratique : l’érosion de la légitimité de certains gouvernements démocratiques peut miner la confiance dans les institutions et ralentir les progrès vers un développement plus inclusif et participatif.

Lire la 2e partie de cet article…

MAJ décembre 2025 – Page simple pour un Web allégé.