Visite de Jimmy Carter en Espagne
Le roi Juan Carlos Ier d’Espagne rencontre le 25 juin 1980 Jimmy Carter, président des États-Unis d’Amérique, alors que ce dernier effectue une visite officielle en Espagne. Lors de son discours, le souverain espagnol met en avant « l’amour de la liberté » que chérissent les États-Unis d’Amérique mais aussi leur sens de la dignité et leur vocation de paix. (“el amor a la libertad, la voluntad de independencia, el sentido de la dignidad y una decidida vocación de paz.”)
Ces valeurs sont partagées par l’Espagne, explique Juan Carlos Ier.
Le souverain espagnol souligne avoir visité les États-Unis à l’occasion de leur bicentenaire et fait l’hypothèse que demeure aujourd’hui au sein du peuple américain l’esprit des conquérants espagnols qui ont progressé d’est en ouest puis lutté pour libération de la nation.
Devenus une grande puissance, LA grande puissance mondiale, les États-Unis d’Amérique ont conservé des pères fondateurs les valeurs spirituelles des démocraties et le respect des droits humains. Ces mêmes lignes ont guidé Jimmy Carter, souligne le chef d’État espagnol.
Amoureux convaincus de la paix, l’Espagne ne cherche pas à intervenir dans les affaires intérieures des autres États et condamne vivement, par mesure de solidarité avec les pays occidentaux, ce type d’interventions. Néanmoins, le royaume se tient disposé à être un intermédiaire entre l’Est et l’Ouest notamment par le biais de la Conférence de Madrid. En plus de cela, Juan Carlos Ier d’Espagne considère nécessaire le rapprochement avec les pays en voie de développement avec l’idée d’élaborer un ordre économique mondial « plus juste et plus humain », précise-t-il. Effectivement, dans un monde interdépendant, la paix ne peut s’envisager autrement qu’avec la coopération, la solidarité et la loyauté. Ce sont là les bases de relations amicales selon l’Espagne. Amitié avec l’Europe à laquelle elle appartient, avec « la grande famille des peuples ibéro-américains », avec les peuples arabes et africains et avec la « grande nation américaine » dans le dessein de la paix entre les peuples.
Autre hommage
En décembre 1995, Juan Carlos Ier d’Espagne a félicité le président Jimmy Carter qui a partagé avec lui le Prix Houphouët-Boigny 1994 de l’UNESCO. Ce Prix rend hommage à la recherche de la paix. Le roi espagnol a salué la persévérance, la force de volonté et l’énergie de Jimmy Carter lors de son passage à la Maison Blanche.
Pour mieux comprendre : le contexte
La Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) a eu lieu à Madrid entre 1980 et 1983. Dans un contexte politique tendu et complexe, ses principaux objectifs ont été la sécurité en Europe (respect des frontières, souveraineté des États, ingérence dans les affaires internes) mais aussi la protection des droits humains, aspect nécessitant une coopération entre les États. Sur les fronts économique et culturel, la coopération a été souhaitée en particulier pour l’amélioration des relations Est-Ouest après la Guerre Froide et de manière générale, la résolution pacifique des conflits.
L’action de l’Espagne durant cette conférence a permis à cette jeune démocratie de participer aux réunions de l’OTAN et de la Communauté Économique Européenne en lien avec la CSCE, ce qui a favorisé son entrée en tant que membre de plein droit dans ces organismes.
Dans un contexte politique tendu et complexe, post Guerre Froide, l’Espagne a commencé à se démarquer sur la scène internationale, après son processus de démocratisation, en entrant un dialogue multilatéral lors de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) qui a eu lieu entre 1980 et 1983.
Le statut de l’Espagne, pays non aligné lors de la Guerre Froide ainsi que son processus de démocratisation ont contribué a lui octroyer un rôle de médiateur, de pacificateur.
