Quelles sont les relations entre l’Espagne et la Syrie ?

Il y a quelques semaines, le 8 décembre 2024, la chute de Bachar al-Assad a rebattu les cartes du pays et l’avenir se dessine de jour en jour. L’occasion pour nous de faire le point sur les liens entre l’Espagne et la Syrie. Et vous allez voir que ceux-ci sont vraiment peu connus…

Les relations entre l’Espagne et la Syrie (République arabe syrienne de son nom officiel au moment où ces lignes sont écrites) ont connu des évolutions significatives ces dernières années, notamment en raison de la guerre civile syrienne de 2011 et de la crise des réfugiés qui a découlé. Les Syriens dénonçaient alors leurs conditions de vie, précaires.

Carte de la Syrie : domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=738172

Mon regard

Si depuis 2011 tout particulièrement l’Espagne a réduit au minimum ses relations avec la Syrie, les événements récents lui indiquent de reprendre de l’intérêt afin de placer au mieux ses pions pour la suite. La région est en effet un lieu stratégique à plusieurs niveaux : militaire, politique et commercial.

Sanctions économiques

L’Espagne, par son intégration à l’Union européenne, a participé aux sanctions qui ont été prises contre le régime de Bachar al-Assad : des mesures individuelles contre des personnes liées au pouvoir et des mesures sectorielles ciblées. Néanmoins, il n’y a pas eu d’embargo généralisé ni d’entrave à l’aide humanitaire.

Les relations économiques qui ont perduré entre les deux pays sont les importations en direction de l’Espagne de combustible, de plâtre, d’huile, de sel, légumineuses, légumes, thé et café. Dans l’autre sens, ce sont le papier, carton, le cacao, les produits chimiques non organiques ainsi que les colorants qui circulent.

Réprésentation espagnole en Syrie

Le nombre de résidents espagnols en Syrie est de 280 (chiffre de 2024) selon le Ministère espagnol des Affaires étrangères, 266 pour l’Instituto Nacional de Estadísticas au 1er janvier 2024.

Du fait des sanctions établies après 2011, les relations entre l’Espagne et la Syrie ont été réduites à leur minimum. En 2012, l’ambassadeur espagnol en Syrie a été renvoyé de la Syrie, en réaction au renvoi, une semaine avant, de l’ambassadeur syrien de Madrid. Depuis, les ambassades respectives ont été repris du service.

Accueil des réfugiés syriens

Dans le cadre de la Stratégie de l’Union européenne sur la Syrie, l’Espagne a accueilli des réfugiés syriens même si c’est en nombre relativement limité par rapport à d’autres pays européens. Environ 20 000 Syriens ont demandé l’asile en Espagne depuis 2011. En 2024, on estime qu’environ 8 000 ressortissants syriens vivent en Espagne.

Aide à la réinstallation et intégration

L’Espagne a participé à des programmes de réinstallation de réfugiés syriens : en mars 2023, l’Espagne a été le premier pays à accélérer les procédures de réinstallation pour les réfugiés affectés par le séisme qui a eu lieu en Turquie et au nord de la Syrie. Les autorités espagnoles ont mis en place des mesures pour faciliter l’intégration des réfugiés :

  • Hébergement dans des centres d’accueil gérés par le ministère de l’Inclusion.
  • Scolarisation des enfants.
  • Soutien psychosocial et cours d’espagnol.
  • Accompagnement administratif et professionnel.

“En plus de couvrir leurs besoins de base pendant deux ans, l’équipe de professionnels du centre leur offre un soutien psychosocial, des cours d’espagnol, ainsi qu’un accompagnement administratif et professionnel pour les aider à s’intégrer dans la société espagnole et à devenir indépendants.”

Initiatives de la communauté syrienne

Des réfugiés syriens en Espagne ont lancé des projets pour maintenir des liens avec leur pays d’origine comme par exemple la création par quatre journalistes syriens réfugiés d’un journal en ligne bilingue arabe-espagnol appelé Baynana (Entre nous).

Réactions en Espagne après la chute de Bachar al-Assad

Suite à la fuite de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024, la communauté syrienne en Espagne a manifesté sa joie, notamment en hissant le drapeau rebelle à l’ambassade de Syrie à Madrid. Également, le ministre espagnol des Affaires étrangères (José Manuel Albares) a exprimé l’espoir d’éviter une “balkanisation” de la Syrie :

“Nous devons veiller à ce que le peuple syrien puisse décider de la manière dont il sera gouverné à l’avenir et par qui […]. Et, bien sûr, que l’intégrité territoriale de la Syrie soit préservée.”

L’Espagne a transmis un communiqué officiel dans lequel elle fait part de son espoir de paix pour la Syrie :

“Nous appelons toutes les parties en Syrie, dans la région et dans la communauté internationale à faire en sorte que les événements historiques survenus dans le pays conduisent à une transition politique pacifique et inclusive, conformément aux termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui garantit l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.”

MAJ décembre 2025 – Page simple pour un Web allégé.